Ce que les États-Unis achètent le plus à 27 pays clés
Quand le Made in ailleurs fait tourner les États-Unis
Entre guerre commerciale et surtaxes douanières, les relations économiques des États-Unis avec le reste du monde tanguent sérieusement depuis le début de l’ère Trump. Dans ce contexte profondément bouleversé, il devient plus que jamais essentiel de comprendre les importations dont le pays dépend le plus.
Voitures, maïs, pétrole… Les États-Unis disposent déjà d’une grande diversité de ressources et de productions. Autosuffisants dans de nombreux secteurs industriels, ils se révèlent pourtant particulièrement dépendants de certains pays pour des produits bien précis.
Parfois très ordinaires, parfois tout bonnement inattendus, ce sont des biens qui rendent ces nations étrangères indispensables aux Américains.
Parmi 27 pays sélectionnés, découvrez ce dont les États-Unis dépendent le plus et ce qu’ils achètent massivement, selon la part que représente chaque produit dans leurs importations totales.
Tous les montants sont exprimés en dollars US. Les données sont issues d’une analyse du quotidien américain The New York Times à partir des chiffres de la Commission du commerce international des États-Unis.
Adaptation française par Charline Pelletier
Émirats arabes unis : 9 % des importations d’aluminium brut
Les Émirats arabes unis fournissent 9 % de l’aluminium brut importé par les États-Unis, soit la deuxième source d’approvisionnement de ce métal essentiel derrière le Canada. Au début de l’année 2025, les livraisons ont bondi. En cause, les surtaxes imposées par le président Donald Trump qui ont poussé les acheteurs à faire des réserves. Une anticipation justifiée, puisque les droits de douane sur cette matière stratégique ont grimpé jusqu’à 50 % début juin.
Le Canada reste cependant le leader incontesté du marché. Le voisin nord-américain assure à lui seul 77 % des volumes d’aluminium importés par les États-Unis.
Russie : 15 % des importations d’engrais phosphatés
Malgré les lourdes sanctions imposées à l’encontre de la Russie après l’invasion de l’Ukraine, les États-Unis continuent d’importer certains produits du pays – les engrais en tête de liste.
Faute de fournisseurs alternatifs viables, le secteur agricole américain importe 90 % des engrais phosphatés dont il a besoin. D’où la réticence du gouvernement à couper ces livraisons cruciales.
Une dépendance persistante qui, selon certains critiques, contribuerait indirectement à financer la machine de guerre de Vladimir Poutine.
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Belgique : 22 % des importations de lin
Premier exportateur mondial de vaccins, la Belgique est un partenaire clé des États-Unis. Mais en proportion, c’est un autre produit qui domine ses exportations outre-Atlantique : la toile de lin.
Reconnue pour son industrie historique du lin, la Belgique cultive l’excellence de cette filière depuis le Moyen Âge et abrite toujours des usines produisant des tissus d’une qualité de premier ordre.
Royaume-Uni : 28 % des importations d’antiquités
Les machines et équipements de transport représentent la première source d’exportations britanniques vers les États-Unis, suivis par les combustibles et les produits chimiques. Le Royaume-Uni est loin de dominer les marchés d’importation américains, mais il vend toutefois aux États-Unis plus d’antiquités que n’importe quel autre pays, reflet de son riche patrimoine historique.
La Grande-Bretagne se classe également parmi les principaux exportateurs des États-Unis pour les revêtements muraux textiles, notamment les tapisseries.
Autriche : 29 % des importations d’armes de poing
Portée par l’un des cadres législatifs les plus permissifs d’Europe en matière d’armes à feu, l’Autriche possède une industrie prospère dans ce secteur, dominée par l’entreprise Glock. Ce fabricant controversé produit certains des pistolets les plus vendus aux États-Unis, dont les modèles 19 et 43.
Près d’un tiers des armes de poing importées par les États-Unis viennent d’Autriche, un record. À noter que Glock fait l’objet de nombreuses poursuites judiciaires de la part d’États et de villes américaines, qui l’accusent de faciliter la conversion illégale de ses pistolets semi-automatiques en armes automatiques, telles que des mitraillettes, et de contribuer ainsi à la crise des violences par armes à feu dans le pays.
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Singapour : 39 % des importations de verre plat
Parmi les exports les plus importants de Singapour vers les États-Unis figurent l’électronique et les réacteurs nucléaires. Si l’Amérique s’approvisionne largement ailleurs pour ces produits-là, elle dépend en revanche de Singapour pour 39 % de ses importations de verre plat.
Ce type de verre fini est utilisé pour toutes sortes de produits, comme les vitres et le mobilier.
Irlande : 45 % des importations de sulfamides
Neuvième partenaire commercial des États-Unis à l’import, l’Irlande occupe une place considérable au vu de sa taille. Les produits pharmaceutiques constituent la part la plus importante de ses exportations vers le marché américain. Le pays européen est d’ailleurs la première source étrangère des États-Unis de médicaments conditionnés et de sulfamides.
Ces derniers forment une classe de médicaments synthétiques, dont certains antibiotiques, utilisés pour traiter de nombreuses pathologies telles que l’hypertension, le diabète de type 2 ou le VIH.
Malaisie : 46 % des importations de produits en caoutchouc
Grande productrice de caoutchouc naturel, la Malaisie en expédie la majeure partie vers les États-Unis. Elle est d’ailleurs leur principal fournisseur de gants en latex, assurant près de la moitié de leur approvisionnement étranger.
Leader dans ce domaine à l’échelle internationale, la Malaisie produit chaque année des milliards de paires, notamment via le premier fabricant au monde, Top Glove.
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France : 50 % des importations de résine d’insectes
Plus grande productrice de vin au monde, la France fournit à elle seule 37 % des importations américaines. Un produit d’exception dont elle reste la référence, ce qui en fait le premier exportateur étranger vers les États-Unis. Pourtant, les Américains dépendent encore davantage de la France pour un produit quelque peu insolite : la « résine d’insecte ».
Essentiellement de la gomme-laque, cette substance provient de la sécrétion d’une minuscule cochenille asiatique, la Kerria lacca. La France importe cette résine brute principalement d’Inde et de Thaïlande, avant de la traiter et de la transformer. Le produit fini s’exporte ensuite vers les États-Unis et d’autres pays pour se retrouver notamment dans les vernis à ongles semi-permanents de type shellac. Cet additif issu d’insectes s’utilise également dans les glaçages alimentaires, les revêtements pharmaceutiques et les cosmétiques, entre autres.
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Philippines : 50 % des importations d’huile de coco
Premier producteur d’huile de coco au monde, les Philippines règnent sur le secteur. Un leadership indéniable, comme en témoigne l’écart avec leur voisin indonésien, deuxième au classement : une production supérieure de plus de 50 %. Utilisée bien au-delà de la cuisine, cette huile entre dans la composition de nombreux cosmétiques et intervient aussi dans divers procédés de fabrication industriels.
Les États-Unis s’approvisionnent pour moitié aux Philippines, un chiffre qui souligne le poids de cette filière nationale.
Japon : 52 % des importations de pianos
Le Japon est le premier fournisseur des États-Unis dans plusieurs secteurs comme les imprimantes industrielles et les tuyaux en fonte. Mais c’est dans le domaine des instruments, en particulier les pianos, qu’il domine le plus : 52 % des importations américaines.
La grande majorité des pianos japonais exportés vers les États-Unis provient de deux fabricants : Yamaha et Kawai, qui livrent le marché américain depuis les années 1960.
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Allemagne : 58 % des importations de machines à feutrer
À l’instar du Japon, l’Allemagne est un partenaire commercial majeur des États-Unis. Si les voitures et autres véhicules restent les principales exportations allemandes vers le marché américain, le pays figure aussi parmi leurs fournisseurs clés dans de nombreuses autres catégories, comme les machines à laver.
Mais c’est dans un domaine plus étonnant que les États-Unis dépendent le plus de l’Allemagne : la machine à feutrer. Comme son nom l’indique, cet équipement sert à produire du feutre et de la feutrine, des matériaux utilisés dans l’habillement, les loisirs créatifs et l’artisanat, mais aussi comme isolants thermiques ou acoustiques.
Colombie : 60 % des importations de fleurs coupées
Un bouquet de roses ou d’œillets aux États-Unis a de fortes chances de provenir de ce pays d’Amérique du Sud : plus de la moitié des fleurs coupées importées arrivent de Colombie.
La Colombie bénéficie d’un environnement idéal pour la culture des fleurs, ce qui en fait le deuxième producteur mondial, derrière les Pays-Bas. Pas moins de 80 % de ses fleurs sont destinées au marché américain. Le pays est de loin le premier fournisseur étranger des États-Unis.
Argentine : 60 % des importations d’huile d’arachide
Les États-Unis ne représentent que 9 % des exportations totales de l’Argentine, bien moins que pour d’autres pays d’Amérique du Sud. Mais cette nation reste une source étrangère importante pour le marché américain sur plusieurs produits, notamment l’huile d’arachide.
L’Argentine fournit 60 % des importations américaines de cette huile végétale. Les États-Unis en produisent toutefois davantage eux-mêmes, si bien que les volumes argentins restent modestes. En 2023, par exemple, leur valeur n'atteignait que 26,3 millions de dollars, soit environ 23 millions d’euros.
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Espagne : 62 % des importations d’huile d’olive
Les Américains raffolent d’huile d’olive. En 2023, ils ont même dépassé les Espagnols pour devenir les deuxièmes plus grands consommateurs au monde, juste derrière les Italiens. Une forte demande qui profite en réalité à l’Espagne : le pays européen reste leur principal fournisseur, assurant 62 % des importations.
Bonne nouvelle, l’huile d’olive espagnole ne devrait pas pâtir des droits de douane imposés par l’administration Trump, grâce à des conditions climatiques plus favorables : la production bondit dans tout le pays et les prix ne cessent de baisser. D’éventuels surcoûts côté américain devraient donc être facilement absorbés.
Pays-Bas : 70 % des importations de bulbes à fleurs et de racines
Célèbres pour les tulipes, les Pays-Bas prédominent sans conteste sur le commerce des bulbes à fleurs, avec 85 % des exportations mondiales. Les États-Unis dépendent du pays pour 70 % de leurs importations de ces produits horticoles.
Les Pays-Bas font également figure de principal fournisseur étranger pour les États-Unis en poudre de cacao, champignons transformés et revêtement lino.
Chili : 71 % des importations de cuivre raffiné
Premier producteur mondial de cuivre, le Chili assure près des trois quarts des approvisionnements américains. Les États-Unis en produisent eux aussi une part importante, mais pas suffisamment pour couvrir leurs besoins en ce métal essentiel à l’électronique moderne et aux infrastructures.
Début 2025, les importations de cuivre raffiné ont grimpé : les exportateurs ont rapidement cherché à prévenir d’éventuelles taxes – qui n’ont, à ce jour, pas été appliquées.
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Nouvelle-Zélande : 73 % des importations de graisses animales
Sous-produit de la filière tentaculaire de la viande en Nouvelle-Zélande, le suif est produit en masse dans ce pays, deuxième plus gros fabricant mondial. Les États-Unis s’y approvisionnent majoritairement pour leurs importations de graisses animales, à hauteur de 73 %. Outre leur utilisation pour cuisiner, ces graisses servent également à l’alimentation des animaux, aux biocarburants et aux cosmétiques.
Cette année, la réputation du secteur a été sérieusement mise à mal : plusieurs entreprises ont coupé leur suif à l’huile végétale avant de l’exporter, écopant ainsi d’amendes records.
Australie : 74 % des importations de viande de mouton et de chèvre
Les États-Unis ne représentent qu’un débouché modeste pour l’Australie, avec seulement 6 % de ses exportations totales. Ses matières premières les plus lucratives, comme le minerai de fer et le charbon, partent majoritairement vers la Chine, son principal partenaire commercial. L’Amérique affiche toutefois un solide appétit pour la viande australienne.
Depuis la fin de la sécheresse en 2021, les volumes ont fortement augmenté en Australie, tandis que la production américaine, elle, recule. Une situation qui ouvre de belles perspectives aux exportateurs australiens. Les États-Unis commandent désormais aux trois quarts leurs importations d’agneau et de mouton, ainsi qu’une grande partie de leur viande de chèvre, à l’Australie, leur premier fournisseur.
Brésil : 76 % des importations de fer semi-fini
Composant essentiel à la fabrication de l’acier, le fer semi-fini importé aux États-Unis provient majoritairement du Brésil. Désormais soumis à des droits de douane sévères, ces échanges devraient nettement ralentir, un coup dur pour le commerce entre les deux pays.
Toutefois, le Brésil reste en tête des sources étrangères d’approvisionnement en café, jus de fruits, sucre brut et pierres de construction.
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Inde : 89 % des importations de pierres synthétiques de joaillerie
Les États-Unis s’appuient massivement sur l’Inde pour leurs faux joyaux : 89 % de leurs importations. Ce pays est également leur première source étrangère en diamants. Les pierres précieuses, métaux et perles forment quant à elles la catégorie d’exportation la plus lucrative vers l’Amérique.
En résumé, l’Inde est le pays étranger de prédilection des États-Unis pour tout ce qui brille, vrai comme synthétique.
Mexique : 94 % des importations de transport ferroviaire automoteur
En 2023, le Mexique a détrôné la Chine pour devenir le premier partenaire commercial des États-Unis à l’import. En 2024, il a exporté vers son voisin du Nord pour la somme vertigineuse de 505,85 milliards de dollars (environ 435 milliards d’euros).
Ordinateurs, équipements électriques, réfrigérateurs… Le Mexique se place comme principal fournisseur américain pour de nombreux produits. Il se distingue surtout dans un domaine où les États-Unis dépendent à 94 % de ces importations : les transports ferroviaires automoteurs, autrement dit, les locomotives et wagons motorisés autonomes. Compte tenu des volumes en jeu, le pays reste très exposé et particulièrement vulnérable aux droits de douane que pourrait imposer Donald Trump.
Chine : 97 % des importations de poussettes
La Chine n’est peut-être plus le premier partenaire commercial des États-Unis à l’import, mais elle reste le deuxième plus important. Le grand concurrent asiatique continue de livrer des quantités astronomiques : 438,95 milliards de dollars (environ 380 milliards d’euros) de biens exportés en 2024. Un chiffre pourtant en chute libre, car les livraisons chinoises ont fortement ralenti depuis les annonces répétées de surtaxes par Donald Trump. En mai 2025, les exportations ont dégringolé de 34 %, la plus forte baisse enregistrée depuis cinq ans.
Si l’électronique demeure la catégorie d’export vers les États-Unis la plus lucrative, un produit pour le moins inattendu se taille la part impressionnante de 97 % des importations américaines : la poussette. Et cette dépendance face aux Chinois s’étend à bien d’autres secteurs. Des jouets aux smartphones en passant par les jeux vidéo, la grande puissance manufacturière asiatique arrive en tête dans bon nombre de domaines.
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Suisse : 98 % des importations de montres en métaux précieux
Si l’Inde pare les Américains de bijoux divers et variés, la Suisse, quant à elle, habille leurs poignets de pièces toutes aussi prestigieuses. D’or, d’argent, de platine ou de titane… Il s’agit des montres. Les États-Unis se tournent presque exclusivement vers l’excellence helvétique : des maisons comme Patek Philippe ou Rolex assurent à elles seules 98 % des importations.
La Suisse se positionne également en numéro un sur le marché des montres en métal plus classique, ce qui confirme son statut de capitale mondiale de l’horlogerie.
Afrique du Sud : 98 % des importations de minerai de chrome
L’Amérique a absolument besoin de l’Afrique du Sud pour faire tourner ses usines. Le pays fournit du chrome, indispensable à la fabrication de l’acier. Les États-Unis importent 83 % de leurs ressources. Sur ces approvisionnements étrangers, 98 % arrivent d’Afrique du Sud. Une dépendance quasi totale.
Classé comme minéral critique, le chrome est essentiel non seulement aux technologies et à l’industrie, mais aussi à la stabilité économique du pays. Face à l’absence de production locale et compte tenu de sa classification, le chrome échappe ainsi aux droits de douane de Donald Trump. Une exemption stratégique pour ne pas saboter sa propre industrie sidérurgique.
Pérou : plus de 99 % des importations de phosphate de calcium
Le Pérou fournit aux États-Unis des tonnes de fruits frais et de cuivre. Mais ce qui rend les Américains dépendants de ce pays, c’est surtout le phosphate de calcium. Un ingrédient clé des engrais, essentiel à la sécurité alimentaire des États-Unis.
Si les États-Unis produisent environ 88 % de leurs besoins, ils comptent presque exclusivement sur le Pérou pour combler le reste. Ce partenaire sud-américain représente à lui seul 99 % des importations de phosphate de calcium.
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Canada : plus de 99 % des importations de porcs vivants
Troisième partenaire commercial des États-Unis, le Canada leur a expédié pour 412,7 milliards de dollars (environ 354 milliards d’euros) de biens en 2024. Les Américains comptent quasi exclusivement sur leur voisin du nord pour l’import de porcs vivants : 99 % de leurs approvisionnements.
Ces porcs canadiens ne représentent pourtant que 5 % des abattages aux États-Unis, mais en cas de rupture de stock à l’échelle nationale, aucun autre partenaire étranger ne peut prendre le relais.
Et cette dépendance va bien au-delà de l’élevage. Du pétrole à l’aluminium, les États-Unis s’appuient largement sur leur allié canadien. Une réalité qui rend la guerre commerciale lancée par Donald Trump extrêmement coûteuse pour les deux pays.
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