Avec l’inflation galopante et la crise du coût de la vie qui pèse sur les ménages, le salaire minimum est devenu un enjeu majeur. Pour des millions de travailleurs, il trace désormais la frontière entre ceux qui parviennent à s’en sortir et ceux qui se retrouvent laissés pour compte. Certains gouvernements ont relevé la barre avec des augmentations record, tandis que d’autres ont tardé à agir, au risque de voir leurs citoyens s’enfoncer dans la pauvreté.
Ce classement, établi à partir des dernières données de l’OCDE et de l’OIT, met en lumière les pays où le salaire minimum offre le meilleur – et le pire – pouvoir d’achat. Découvrez comment 30 des plus grandes économies mondiales se positionnent en matière de rémunération minimale. Les montants sont indiqués en dollars US, suivis d’une conversion en euros.
Adaptation française par Aurélie Blain et Laëtitia Lord
Ce classement s’appuie sur les données les plus récentes de l’OCDE sur le salaire minimum, exprimées à la fois en unités monétaires nationales (UMN) et en parité de pouvoir d’achat (PPA).
Les valeurs en UMN correspondent au salaire plancher légal en vigueur dans chaque pays, calculé selon la durée de travail type définie par l’OCDE : 40 heures par semaine, 52 semaines par an, soit 2 080 heures.
Les chiffres en PPA, convertis en dollars US et en euros, permettent une comparaison équitable en tenant compte des taux de change et du coût de la vie. Lorsque les données de l’OCDE ne sont pas disponibles, celles de l’Organisation internationale du travail (OIT) ont été utilisées.
En combinant ces deux mesures, le classement reflète clairement le pouvoir d’achat réel sur la base du salaire minimum dans le monde.
Malgré une certaine prospérité économique et des conditions de travail équilibrées, des pays comme la Suède, le Danemark et la Suisse ne figurent pas dans ce classement, car ils ne disposent ni de salaire minimum légal, ni de plancher salarial officiel.
L’Inde ouvre ce classement avec un salaire plancher national non contraignant et très variable selon les États et les secteurs. D’après l’OIT, il n’atteint que 55 536 roupies (2 700 $ en PPA) une fois annualisé. On notera toutefois que dans les grandes villes comme Delhi, il peut grimper à 216 792 roupies par an (2 500 $ / 2 150 €).
Sur le terrain, les travailleurs font face à des chiffres bien moins fiables, car l’application de ce salaire plancher reste faible malgré des réformes comme le Code des salaires de 2019. Toujours selon l’OIT, 81 % des travailleurs évoluent dans l’économie informelle, sans protection, et beaucoup sont rémunérés bien en dessous de ce seuil.
Les Philippines sont le premier pays de ce classement à avoir instauré un salaire minimum légal. Fixé par région, il varie selon le coût de la vie, de 411 ₱ (7,19 $ / 6,18 €) à 695 ₱ (12,16 $ / 10,46 €) par jour dans la capitale.
L’agriculture et le travail domestique dominent toujours le marché de l’emploi aux Philippines. Mais avec un revenu annuel moyen de 4 800 $ en PPA, les salaires peinent à suivre le coût de la vie. Nombre de travailleurs touchent moins que le minimum légal, faute de contrôle sur une économie informelle omniprésente.
Depuis 2021, le salaire minimum au Mexique a augmenté de 56,7 %, contre une moyenne de 8,8 % dans les pays de l’OCDE. Pourtant, avec un revenu annuel ajusté au pouvoir d’achat de seulement 5 892 $, le pays reste le moins bien classé des 30 membres de l’organisation.
La nouvelle présidente, Claudia Sheinbaum, a promis de poursuivre cette progression en amorçant une nouvelle hausse de 12 % dès 2025. Une bonne nouvelle pour les 40 % de travailleurs qui ne touchent que le minimum de 278,80 pesos mexicains (15 $ / 12,9 €) par jour, voire moins. Mais avec une productivité faible et une économie informelle tentaculaire, ces augmentations risquent de ne pas suffire pour permettre au pays de combler son retard sur ses partenaires.
Selon les chiffres les plus récents de l’OCDE, le salaire minimum légal au Pérou s’élève à environ 13 560 sols péruviens, soit 3 900 $ (3 354 €) par an, ou environ 6 308 $ en parité de pouvoir d’achat. En janvier 2025, ce plancher salarial, qui figure parmi les plus bas d’Amérique latine, a été relevé de 10 %, une première depuis 2022.
Comme au Mexique, des millions de travailleurs du secteur informel évoluent en dehors de tout cadre légal. Et si cette hausse paraît encourageante sur le papier, l’application relative des lois pourrait permettre aux entreprises de payer leurs employés comme elles l’entendent.
Depuis la pandémie de COVID-19, le salaire minimum au Brésil a progressé régulièrement, soutenu par une politique qui lie désormais les hausses à l’inflation et à la croissance du PIB. Pourtant, avec une valeur annuelle de 18 216 R$, soit environ 6 700 $ en parité de pouvoir d’achat, le pays reste parmi les derniers du classement de l’OCDE.
Le président Luiz Inácio Lula da Silva a promis de poursuivre cette trajectoire. Il a pour cela approuvé récemment une hausse à 1 518 R$ (88 $ / 75,7 €) par mois en 2025. Si cette mesure profite à des millions de travailleurs et de retraités, la faible productivité et le caractère très informel de l’économie brésilienne laissent penser que les seules hausses de salaires ne suffiront pas à combler l’écart avec des pays plus riches comme la Colombie ou le Chili.
Le Chili fait partie des premiers pays d’Amérique latine à avoir instauré un salaire minimum, dès 1937. Aujourd’hui, les travailleurs, majoritairement employés dans l’agriculture, le commerce ou l’hôtellerie, perçoivent en moyenne 6 348 000 pesos chiliens, soit 6 700 $ (5 762 €) par an, pour un pouvoir d’achat ajusté à l’inflation d’environ 10 900 $, selon les derniers rapports de l’OCDE.
Mais tout n’est pas rose pour autant. La faible productivité, la forte prévalence du secteur informel et la hausse répétée du salaire minimum risquent de fragiliser les petites entreprises et d’alimenter le chômage plutôt que de réduire les inégalités.
Le salaire minimum légal en Colombie s’élève à 19 482 000 pesos colombiens, soit 5 000 $ (4 300 €) par an, ce qui correspond à environ 11 100 $ en parité de pouvoir d’achat. Les emplois rémunérés à ce niveau se trouvent principalement dans le commerce de détail, l’agriculture, l’hôtellerie et le travail domestique.
Pourtant, dans ce vaste pays, réputé pour ses paysages spectaculaires et la qualité de son café, 44 % des travailleurs continuent de gagner moins que le salaire minimum légal.
Depuis l’instauration de son salaire minimum légal en 1964, le Costa Rica s’est imposé comme le premier pays d’Amérique latine en termes de niveaux de rémunération. Selon les données de l’OCDE, les travailleurs non qualifiés gagnent aujourd’hui environ 4 405 302 colónes costariciens (8 700 $ / 7 482 €) par an, soit environ 13 469 $ en PPA.
Le système costaricain est particulier, car le pays fixe différents salaires minimum selon la profession et le niveau d’éducation, plutôt qu’un taux national unique. Les augmentations annuelles récentes restent modestes et ne suivent pas la hausse du coût de la vie, notamment à San José.
À l’avenir, le pays va devoir faire face à une pression croissante pour simplifier sa structure salariale complexe et réduire l’ampleur du secteur informel, qui fragilise l’application de la loi et contraint de nombreux travailleurs à percevoir moins que le minimum légal.
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Depuis 2009, le salaire minimum fédéral des États-Unis, instauré pour la première fois par le Fair Labour Standards Act en 1938, reste inchangé, malgré l’inflation et la hausse de la productivité. À 7,25 $ (6,22 €) de l’heure, la plus grande économie mondiale offre à ses travailleurs un salaire annuel dérisoire de 15 080 $, selon l’OCDE.
De nombreux États et villes ont fixé des salaires planchers plus élevés, et la culture du pourboire obligatoire compense partiellement cette faiblesse. Pourtant, des millions de travailleurs continuent de ne toucher que le minimum fédéral, et les débats actuels portent sur un relèvement à 15 $ (12,9 €) de l’heure ou plus, malgré les inquiétudes concernant l’inflation et la pression sur les petites entreprises.
La Tchéquie est le premier pays européen de cette liste, avec un salaire minimum légal à 226 800 Kč par an, soit environ 15 326 $ en parité de pouvoir d’achat, selon les derniers rapports de l’OCDE. Il se situe ainsi parmi les plus bas d’Europe occidentale.
L’avenir paraît toutefois un peu plus prometteur, après l’annonce, par le ministre du Travail, Marian Jurecka, d’une augmentation substantielle de 1 600 Kč (77 $ / 66 €) par mois, qui prendra effet en janvier 2026.
Le salaire minimum reste inférieur à la hausse du coût de la vie, surtout à Prague, alertent certains observateurs, qui redoutent qu’une augmentation trop rapide ne pénalise les petites entreprises. Le défi : réduire les inégalités sans compromettre la compétitivité.
Avec un salaire minimum légal de 25 155 240 ₩ par an, soit 18 000 $ (15 480 €), ou environ 15 415 $ en parité de pouvoir d’achat, la Corée du Sud se place dans la moyenne mondiale. Le pays a instauré ce salaire minimum en 1988 pour améliorer les revenus des travailleurs dans le commerce de détail, l’hôtellerie, l’agriculture et les métiers de soins, des postes souvent occupés par des jeunes et des salariés à temps partiel.
Si le salaire minimum a presque doublé au cours de la dernière décennie, ces hausses suscitent des inquiétudes concernant les pertes d’emplois chez les jeunes et la pression sur les petites entreprises. Avec une population vieillissante, des coûts de logement élevés et une productivité ralentie, la Corée du Sud fait face à un véritable défi pour assurer une progression salariale durable.
Si l’architecture et les sites culturels de la Hongrie font la fierté de ses habitants, le salaire minimum récolte moins de suffrages. Il figure en effet parmi les plus bas des pays européens de l’OCDE, avec un montant d’environ 3 489 600 Ft par an (10 500 $ / 9 030 €), soit 16 534 $ en PPA.
La Hongrie a récemment annoncé une hausse de 9 % de son salaire minimum, dans le cadre d’un plan pluriannuel visant à augmenter les salaires de 40 % d’ici 2027.
Israël occupe actuellement la 18ᵉ place du classement. Selon les derniers chiffres de l’OCDE, le salaire minimum légal y est de 74 972 ₪ par an, soit 22 600 $ (19 436 €). Ce taux instauré en 1987 représente 47,5 % du salaire moyen à l’échelle nationale et sert de référence pour les travailleurs à faibles revenus.
La situation se complique avec le conflit en cours dans la région, qui affecte des secteurs clés comme la construction et l’agriculture. Si les récentes hausses de salaires ont apporté un certain soulagement, le coût de la vie en forte hausse à Tel Aviv et Jérusalem dépasse encore largement les revenus. Les travailleurs au salaire minimum se retrouvent ainsi avec un pouvoir d’achat ajusté à l’inflation d’à peine 18 700 $.
Selon les derniers chiffres de l’OCDE, le salaire minimum légal en Turquie s’élève à 312 066 ₺ par an (7 500 $ / 6 450 €), soit environ 19 123 $ en parité de pouvoir d’achat. Après une inflation de 47 % en 2024, le président turc a annoncé une hausse de 30 % en janvier, dans l’espoir de protéger les travailleurs face à la flambée du coût de la vie.
Pour autant, la situation reste contrastée. À l’échelle mondiale, le salaire minimum turc se situe au-dessus de celui de nombreuses grandes économies, mais comparé aux pays européens les plus performants, le pouvoir d’achat demeure faible. L’inflation persistante empêche les travailleurs de joindre les deux bouts et érode la valeur réelle des salaires dans un contexte économique instable.
La Bulgarie traverse une période économique difficile, marquée par une inflation croissante, notamment sur les produits et services essentiels comme le logement et l’alimentation. La flambée des prix à la consommation a entraîné de nombreux boycotts dans le commerce de détail, et des inquiétudes subsistent quant à l’impact sur le coût de la vie lorsque le pays adoptera officiellement l’euro en janvier 2026.
Pour les travailleurs touchant le salaire minimum, déjà parmi les moins bien rémunérés d’Europe, le contexte est particulièrement préoccupant. Selon l’OCDE, leur pouvoir d’achat ajusté à l’inflation s’élève à seulement 19 394 $, avec un revenu annuel de 12 924 лв (7 800 $ / 6 708 €). Bien qu’une hausse de 15,4 % en 2025 ait relevé le salaire plancher, la crise du coût de la vie risque de créer un manque à gagner.
Le Portugal a beau figurer parmi les plus grandes économies d’Europe, il se retrouve en milieu du classement avec un salaire minimum encore très en deçà de celui de ses voisins occidentaux. Le plancher légal de 12 180 € par an, soit environ 19 814 $ en parité de pouvoir d’achat, se trouve bien en dessous de celui de l’Espagne ou de la France.
Les travailleurs occupant ces emplois, fréquents dans le commerce de détail, l’hôtellerie, l’agriculture et le nettoyage, ont bien souvent des difficultés à couvrir leurs besoins essentiels. L’engagement du gouvernement à augmenter les salaires de 50 € par an jusqu’en 2028 constitue une avancée, mais les critiques soulignent que ce minimum restera encore inférieur de plusieurs centaines d’euros au montant nécessaire.
Le salaire minimum en Grèce est étroitement lié au fastidieux redressement du pays après la crise financière. Les salaires ont en effet augmenté de 35 % au cours des cinq dernières années, après les coupes radicales de cette période sombre.
Aujourd’hui, le plancher légal s’élève à 10 560 € par an, soit environ 19 984 $ ajustés en PPA. Ce niveau, intermédiaire au sein de l’UE, a récemment connu une hausse mensuelle de 6,4 %.
Le Japon a beau être l’une des plus grandes économies mondiales, il occupe la 13ᵉ place de ce classement en raison de l’inflation croissante et de la stagnation des salaires.
Après une longue période de stabilité, le pays traverse des temps plus difficiles, car la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation grève les budgets des ménages. Selon l’OCDE, les rémunérations et le coût de la vie subissent un écart sans pareil, avec une chute de 2 % des salaires réels depuis 2021.
Même après la plus forte hausse du salaire minimum depuis vingt ans, le salaire minimum légal annuel de 2 194 400 ¥ (14 800 $ / 12 728 €) ne représente qu’un pouvoir d’achat relativement modeste de 20 511 $. Les travailleurs ne peuvent qu’espérer des jours plus radieux au pays du Soleil-Levant.
Le salaire minimum légal en France, le SMIC, s’élève à 21 621 € par an, soit environ 23 025 $ (17 233 €) en parité de pouvoir d’achat. En novembre 2024, le taux horaire a été relevé à 11,88 € afin de mieux refléter l’inflation. Sur le papier, la France se place désormais parmi les niveaux de salaire les plus élevés d’Europe.
Cependant, après ajustement au pouvoir d’achat, les travailleurs français restent moins bien lotis que de nombreux voisins européens comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne. Les factures d’énergie élevées, la hausse des loyers et l’inflation alimentaire ont érodé le pouvoir d’achat et laissé les salariés au SMIC à la peine malgré des augmentations régulières.
Depuis 2015, le salaire minimum en Pologne a plus que doublé. Les ménages ont ainsi été protégés de l’inflation galopante et la consommation n’a pas connu de stagnation.
Selon les derniers chiffres de l’OCDE, le salaire minimum légal s’élève à 55 992 zł par an (15 400 $ / 13 244 €), soit environ 24 730 $ en PPA.
Depuis 2018, le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez a mis en place l’une des politiques salariales les plus audacieuses d’Europe, en faisant passer le salaire minimum mensuel de 735 à 1 184 € en janvier 2025, soit une hausse de 61 % en seulement sept ans. Cette approche ambitieuse contraste fortement avec les augmentations successives de 50 € au Portugal.
Cette politique a contribué à réduire les écarts salariaux, notamment pour les travailleurs du commerce de détail, de l’hôtellerie et des métiers de soins, mais son impact à long terme reste incertain. Pour l’instant, le salaire minimum légal en Espagne équivaut à environ 26 216 $ en parité de pouvoir d’achat, ce qui suffit à placer le pays dans le top 10 mondial.
Le salaire minimum au Canada s’élève à environ 33 488 CA$ par an (24 200 $ / 20 812 €), soit 27 967 $ en parité de pouvoir d’achat. Comme les taux sont fixés par les provinces et non au niveau national, les disparités régionales sont importantes : en Ontario, le salaire horaire est de 17,20 CA$ (12,45 $ / 10,44 €), tandis qu’en Colombie-Britannique, il atteint 17,85 CA$ (12,93 $ / 10,85 €).
La majorité des salariés touchant le salaire minimum travaillent dans le commerce de détail, l’hôtellerie ou les métiers de soins, et près de 70 % de ces postes sont occupés par des jeunes ou des étudiants.
L’Irlande affiche l’un des salaires minimum les plus élevés d’Europe. Pour atteindre l’objectif de l’UE, qui fixe le salaire minimum à 60 % du salaire médian d’ici 2026, le pays a fait passer son taux horaire de 5,59 € lors de sa création en 2000 à 13,50 € pour les travailleurs âgés de 20 ans et plus.
Aujourd’hui, le salaire minimum légal s’élève à 28 080 € par an, soit environ 28 700 $ en parité de pouvoir d’achat.
Le salaire minimum annuel en Belgique s’élève à 25 342 €, ou environ 31 654 $ en parité de pouvoir d’achat, ce qui place le pays dans le top 10 mondial. Cela tient au système belge, qui indexe automatiquement les salaires sur le coût des biens et services, comme l’alimentation, le logement et les transports.
Pour autant, ce modèle présente des limites. Les pics d’inflation récents ont rendu l’indexation coûteuse pour les employeurs, et, avec la majorité des règles fixées par les conventions collectives, la couverture reste inégale, notamment pour les travailleurs indépendants.
Avec un salaire minimum légal parmi les plus élevés de l’OCDE, à savoir 48 880 NZ$ par an (29 000 $ / 24 940 €), soit environ 32 247 $ en parité de pouvoir d’achat, la Nouvelle-Zélande se place aux portes du top cinq.
En réalité, seule une faible part de la population touche ce salaire, mais la proportion n’en est pas moins élevée chez les adolescents, dont 57 % des 16-17 ans en dépendraient selon les estimations. Ces emplois se concentrent dans le commerce de détail, l’hôtellerie et les services de base, des secteurs où les coûts de main-d’œuvre pèsent lourd sur les petits employeurs.
L’Australie figure elle aussi parmi les meilleurs élèves du classement. Chaque année, la Fair Work Commission réévalue le taux national, porté en 2025 à 24,95 AU$ (16,48 $ / 12,21 €) de l’heure, offrant aux travailleurs à temps plein un salaire annuel minimum d’environ 51 896 AU$ (34 500 $ / 25 500 €).
Les emplois concernés se concentrent principalement dans l’hôtellerie, le commerce de détail, les soins aux personnes âgées et l’accompagnement des personnes handicapées. Les rémunérations sont souvent encadrées par des accords de branche ou d’entreprise garantissant une couverture équitable dans tous les secteurs. L’Australie a donc pris place parmi les marchés du travail les plus rémunérateurs au monde, même si l’inflation continue de réduire le pouvoir d’achat réel.
Le Royaume-Uni a traversé une décennie économique tumultueuse, entre les répercussions du Brexit et une inflation persistante, mais il parvient malgré tout à conserver une place de choix dans le classement mondial des salaires minimum. Selon l’OCDE, le plancher légal britannique s’élève à 23 265 £ par an (31 500 $ / 27 090 €), soit environ 33 071 $ en parité de pouvoir d’achat.
En avril 2025, le revenu minimum a été porté à 12,21 £ (16,49 $ / 14,17 €) de l’heure pour les travailleurs âgés de 21 ans et plus, la plus forte hausse depuis 2019. Toutefois, des défis persistent : l’usage répandu des contrats zéro heure suscite des inquiétudes sur la précarité et la couverture salariale, et si le salaire minimum paraît élevé sur le papier, la stagnation des salaires réels, le sous-emploi et le coût de la vie élevé continuent d’éroder le pouvoir d’achat.
Il n’est guère surprenant que la puissance industrielle européenne figure en haut du classement mondial, avec un salaire minimum légal de 26 665 € par an, ou 34 053 $ en PPA. Ce salaire a permis de réduire les inégalités et d’améliorer la situation des travailleurs les moins rémunérés, notamment dans les secteurs en difficulté.
Pour autant, une grande partie de la main-d’œuvre touchant le salaire minimum en Allemagne reste concentrée dans le commerce de détail, l’hôtellerie et le nettoyage. Les emplois précaires, de petits postes à temps partiel rémunérés jusqu’à 520 € par mois, enferment les travailleurs dans des emplois instables payés largement en dessous du seuil légal.
Bien que le Luxembourg occupe la deuxième place en termes de pouvoir d’achat, il détient techniquement le salaire minimum le plus élevé de l’UE : 38 933 € par an pour les travailleurs qualifiés de plus de 18 ans, soit 34 857 $ en PPA. En 2025, le salaire minimum mensuel s’élève à 2 703 € pour les travailleurs non qualifiés et à 3 244 € pour les travailleurs qualifiés, selon l’échelle automatique des salaires luxembourgeoise, indexée sur l’inflation.
Comment fonctionne ce système de rémunération avantageux ? Chaque fois que l’indice des prix à la consommation sur six mois dépasse un seuil, les salaires augmentent automatiquement de 2,5 %, protégeant ainsi les travailleurs contre l’inflation sans débats politiques houleux. Il y a de quoi être jaloux.
Bien qu’ils ne dépassent pas le Luxembourg en montant nominal, les Pays-Bas offrent le meilleur pouvoir d’achat en fonction du salaire minimum d’Europe. En 2024, le salaire annuel légal s’élevait à environ 30 060 €, soit 35 250 $ en parité de pouvoir d’achat.
Le pays progressiste a en effet adopté un système horaire depuis 2024, passé au tarif de 14,06 € dès janvier 2025, puis porté à 14,40 € en juillet, soit une hausse de 2,4 %.
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