Os de dinosaures, sacs à main ou cartes Pokémon ultra-rares, voici quelques objets de collection hors de prix que s’arrachent aujourd’hui les ultrariches du monde entier.
Véritables signes extérieurs de richesse pour ceux qui possèdent déjà tout, ces pièces très convoitées sont aussi des investissements particulièrement rentables. Découvrez dans quoi les ultrariches dilapident actuellement leur fortune, d’après les dernières tendances du Knight Frank Luxury Report 2025. Les montants sont indiqués en dollars US, suivis d’une conversion en euros.
Adaptation française par Aurélie Blain
Le Knight Frank Luxury Report 2025 offre un regard intéressant sur le train de vie somptueux des grandes fortunes mondiales.
Au cœur du rapport, l’indice KFLII (Knight Frank Luxury Investment Index) passe au crible dix catégories d’objets de collection considérés comme placements. Sur les vingt dernières années, ces actifs ont surpassé les performances du S&P 500, mais dans un marché aujourd’hui morose, cinq catégories ont vu leur valeur reculer en 2024, l’art enregistrant la plus forte chute avec une baisse de plus de 18 %. Côté hausses, la progression reste timide : en tête du classement, les sacs à main ne gagnent que 2,8 %.
Pourtant, certains objets parmi ces dix catégories continuent de déchaîner les passions des ultrariches, par exemple les os de dinosaures, la Lamborghini façon Miami Vice, les œuvres de Banksy ou les sacs Birkin d’Hermès. Rares et ultra-exclusives, ces pièces voient leur valeur s’envoler et atteindre des montants astronomiques aux enchères.
Décryptons cette tendance ensemble, à commencer par les fossiles…
Les os de dinosaures sont le dernier trophée à la mode chez les milliardaires. Véritables objets de convoitise, ces pièces ultrarares assurent un prestige sans égal, au point que même certains ultrariches peinent à en assumer le coût.
En juillet dernier, un stégosaure de 150 millions d’années surnommé Apex a été adjugé pour la somme record de 44,6 millions de dollars (38 M€) lors d’une vente chez Sotheby’s à New York. L’acheteur n'était autre que le milliardaire et patron de fonds spéculatifs Ken Griffin, qui a aussitôt prêté ce fossile d’exception au muséum américain d’Histoire naturelle de New York.
En matière de haute joaillerie, les grandes fortunes du monde ne se contentent plus d’un simple bijou signé Cartier ou Chopard. Aujourd’hui, pour véritablement peser dans le cercle fermé du luxe, les pièces de joaillerie doivent présenter un pedigree royal.
En novembre 2024, un somptueux collier de diamants (en photo), associé à la reine Marie-Antoinette et à un scandale retentissant ayant précipité la chute de la monarchie française, s’est envolé à 4,8 millions de dollars (4 M€) lors d’une vente aux enchères chez Sotheby’s à Genève. Parmi les ventes récentes d'objets royaux, on notera également la dispersion de 100 pièces de joaillerie d’exception, issues de la collection du tsar Ferdinand de Bulgarie.
Posséder une simple Ferrari ne suffit pas à impressionner un milliardaire. En revanche, posséder une California Spyder 250 GT SWB de 1960 ? Là, c’est une autre histoire. Les ultrariches ne jurent que par la rareté et, avec sa production en seulement 56 exemplaires, ce petit bijou automobile coche toutes les cases.
Le tout premier exemplaire, le plus exceptionnel de la série, a été adjugé à plus de 17 millions de dollars (14,5 M€) lors d’une vente RM Sotheby’s à Monterey en août dernier.
Les voitures de sport impétueuses des années 1980 et 1990 ont le vent en poupe auprès des jeunes acheteurs. Selon Knight Frank, le modèle emblématique qu'est la Lamborghini Countach LP5000 QV, rendue célèbre par la série policière culte Miami Vice, incarne parfaitement le luxe débridé de l'époque.
En plus d'attirer tous les regards, le bolide constitue également un investissement exceptionnel dont la valeur a grimpé de 60 % en seulement cinq ans. Une hausse d’autant plus remarquable que, sur la même période, la cote des voitures de collection n’a grimpé que de la moitié de ce chiffre. Un modèle de 1988 en bon état se négocie désormais autour de 605 000 dollars (515 000 M€), d’après la société d’assurance automobile Hagerty.
Les acheteurs les plus fortunés ont aussi développé un goût marqué pour des voitures de sport plus discrètes mais performantes. La Mercedes 190E 2.5-16 Evo II de 1990, produite à seulement 502 exemplaires, en est un exemple frappant.
Cette rareté au design sobre a vu sa valeur doubler en l’espace de cinq ans et s’échange désormais autour de 515 000 dollars (438 000 euros).
Selon Leila Dunbar, experte dans l'émission britannique Antiques Roadshow, le joueur de baseball Babe Ruth règne en maître depuis un siècle sur l’univers des objets sportifs de collection. Les objets ayant appartenu à cette légende du baseball se vendent à des prix vertigineux, les ultrariches étant prêts à débourser des fortunes pour s’approprier une part de cet héritage populaire.
Le célèbre maillot « Called Shot » que Babe Ruth portait lors des World Series de 1932 a été adjugé l’an dernier à 24,1 millions de dollars (20,5 M€), lors d’une vente chez Heritage Auction à New York. Il a ainsi établi un nouveau record pour un objet sportif de collection.
Si l’on en croit la valeur des objets ayant appartenu à Michael Jordan sur le marché des objets sportifs de collection, le basketteur est devenu un sérieux concurrent à Babe Ruth. Depuis ces cinq dernières années, les collectionneurs fortunés n’hésitent pas à dépenser des sommes de plus en plus faramineuses pour des pièces associées à la superstar de la NBA.
L’an dernier, la Dynasty Collection, composée de six paires d’Air Jordan portées par le GOAT du basketball lors de ses six victoires en finale de championnat dans les années 1990, s’est vendue chez Sotheby’s pour 8 millions de dollars (6,8 M€), un record pour des baskets portées pendant un match.
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Kobe Bryant est souvent considéré comme le deuxième plus grand joueur de basketball de tous les temps. Depuis sa mort tragique et prématurée en 2020, les fans se sont empressés d’honorer sa mémoire et les objets de collection liés à la carrière de la star des Lakers ont vu leur valeur s’envoler. En 2022, certains objets ayant appartenu au joueur se vendaient par exemple jusqu’à vingt fois leur prix d’avant son décès.
En août dernier, le casier de Kobe Bryant au Staples Center s’est vendu contre 2,9 millions de dollars (2,5 M€). Selon Sotheby’s, il s’agit là encore d'une somme record pour un casier.
Les grandes fortunes issues des générations Z et des millennials, qui ont grandi avec Harry Potter, n’hésitent manifestement pas à dépenser des sommes astronomiques pour s’approprier des illustrations originales de la célèbre série de J.K. Rowling.
En juin dernier, l’aquarelle originale de la couverture de Harry Potter à l’école des sorciers, réalisée par l’illustrateur Thomas Taylor, s’est vendue 1,9 million de dollars (1,6 M€) chez Sotheby’s à New York. C’est de loin un record d'enchères pour un objet lié au sorcier anglais.
Le rapport Knight Frank souligne la popularité grandissante des cartes anciennes auprès des grandes fortunes. Ironie du sort, c'est l'élite de la Tech, pourtant pionnière de la cartographie numérique dans la Silicon Valley, qui alimente cette fascination et fait exploser les prix des cartes anciennes.
À titre d’exemple, une carte très recherchée du missionnaire jésuite italien Matteo Ricci, réalisée au début des années 1600 pour un empereur chinois, s’est vendue 1,9 million de dollars (1,6 M€) en 2010. Aujourd’hui, sa valeur estimée pourrait être multipliée par cinq.
Avec les ultrariches, on passe vite du sublime au ridicule… La folie des cartes Pokémon a atteint un tel degré qu'ils n’hésitent plus à dépenser des sommes hallucinantes pour s’approprier les exemplaires les plus rares.
En 2021, le youtubeur Logan Paul a acheté la carte Pokémon la plus prisée, l'un des 39 exemplaires de la carte japonaise Promo Illustrator Holo CoroCoro Comics de 1998, pour la somme astronomique de 5,3 millions de dollars (4,5 M€).
Selon l’indice KFLII, les bijoux de collection ont vu leur valeur grimper de 33,5 % au cours de la dernière décennie, malgré une croissance bien plus timide pour les diamants de couleur, qui n’ont gagné que 3,8 % sur la même période. En revanche, d’autres pierres précieuses ont connu une bien meilleure performance, notamment les saphirs du Cachemire.
Surnommés « le rêve des collectionneurs », ils sont particulièrement prisés pour leur rareté et leur bleu intense et velouté.
Les grandes fortunes du monde entier sont également fascinées par les émeraudes colombiennes, aussi bien convoitées par les collectionneurs aguerris que par les débutants.
En décembre dernier, une émeraude colombienne spectaculaire de 37 carats, sertie par Cartier et ayant appartenu à l’Aga Khan, a battu tous les records d'enchères pour une pierre précieuse de couleur verte, avec une adjudication à 9 millions de dollars (7,6 M€) lors d’une vente chez Christie’s à Genève.
Complétant la trinité des pierres précieuses prisées des ultrariches, le rubis « sang de pigeon » birman se distingue par sa rareté, sa teinte rouge éclatante et sa clarté exceptionnelle.
Les plus beaux spécimens se négocient à des prix vertigineux. Parmi les ventes récentes, une bague de 10,33 carats s’est vendue 5,5 millions de dollars (4,7 M€), tandis que les sang de pigeon birmans les plus rares peuvent atteindre des dizaines de millions de dollars.
Passons maintenant à des trésors plus culturels. Les célèbres souliers rouges portés par Dorothy dans Le Magicien d’Oz s'inscrivent en symbole ultime du cinéma et figurent parmi les objets les plus recherchés de toute l’histoire hollywoodienne.
Elles n'ont été fabriquées qu'en sept exemplaires, dont seulement quatre ont résisté aux épreuves du temps. L’une d’elles a été adjugée lors d’une vente organisée par Heritage Auctions en décembre pour la somme astronomique de 28 millions de dollars (24 M€).
La valeur des montres de luxe n'a augmenté que de 1,7 % en 2024, malgré des prix qui ont plus globalement grimpé de 125 % au cours des dix dernières années, selon le KFLII. Parmi les pièces les plus prisées de la jet set, la Patek Philippe Grandmaster Chime 6300, la plus complexe jamais fabriquée par l'horloger suisse.
Une version exceptionnelle s’est vendue en 2019 pour un montant record de 31,2 millions de dollars (26,5 M€), tandis qu’une autre, ayant appartenu à la star de cinéma Sylvester Stallone, a été adjugée à 5,4 millions de dollars (4,6 M€) lors d’une vente chez Sotheby’s à New York en juin dernier.
Les guitares ayant appartenu à des légendes de la musique disparues rencontrent un énorme succès auprès des collectionneurs ultrafortunés. La Martin D-18E de Kurt Cobain, adjugée en 2020 pour plus de 6 millions de dollars (5,1 M€), détient le record d'enchères pour une guitare, mais tous les regards sont aujourd’hui tournés vers les instruments de John Lennon.
La Framus Hootenanny 12 cordes de la star, utilisée pour l’enregistrement de Help! et longtemps disparue, a été vendue en mai dernier chez Julien’s Auctions pour 2,8 millions de dollars (2,4 M€).
Comme nous l’avons déjà évoqué, l’art a globalement subi une chute douloureuse de 18,3 % en 2024, mais les œuvres majeures du surréalisme semblent toutefois déjouer cette tendance, avec des prix atteignant des sommets inédits.
En novembre, L’Empire des lumières de René Magritte a été adjugé chez Christie’s à New York pour la somme vertigineuse de 121,2 millions de dollars (102 M€), dépassant de plus de 30 millions de dollars son estimation initiale. Cette vente a provoqué une onde de choc dans le monde de l’art, éclipsant de loin le précédent record de 36,9 millions de dollars (34,5 M€) pour une œuvre surréaliste, détenu jusque-là par Peinture (Étoile bleue) de Joan Miró.
Le marché des œuvres surréalistes réalisées par des femmes est « en pleine effervescence », selon Anders Petterson de l'entreprise d'analyse ArtTactic, cité dans le rapport Knight Frank.
En mai dernier, Les Distractions de Dagobert, de la surréaliste britannique Leonora Carrington, a été acquise par le milliardaire argentin Eduardo Costantini pour 28,5 millions de dollars (24,2 M€) lors d’une vente chez Sotheby’s. Cette transaction a établi un nouveau record, à la fois pour une surréaliste et pour une artiste britannique.
Toujours d’après le rapport Knight Frank, le pop art fait également preuve d’une étonnante résistance aux tendances baissières. Il semble que les ultrariches soient toujours aussi friands des œuvres d’Andy Warhol, de Roy Lichtenstein ou d'Ed Ruscha.
C’est d’ailleurs Standard Station d’Ed Ruscha qui talonne L’Empire des lumières de Magritte pour le record de vente aux enchères l’an dernier. Décrite comme une peinture ayant « défini le paysage américain moderne et enrichi le langage visuel audacieux des années 1960 », elle a été adjugée en novembre chez Christie’s pour 68,3 millions de dollars (58 M€).
Les multimillionnaires et milliardaires désireux de faire sensation, et peut-être même d'attirer momentanément les projecteurs, ne s'intéressent qu'aux œuvres conceptuelles les plus extravagantes. À l’image des pièces surréalistes, elles se vendent à des prix impressionnants, en dépit de la tendance générale du marché de l’art.
Comedian, la banane scotchée de Maurizio Cattelan (en photo), en est un parfait exemple. L'œuvre s’est en effet vendue pour la somme surprenante de 6,2 millions de dollars (5,3 M€) chez Sotheby’s à New York en novembre. Justin Sun, l’entrepreneur chinois spécialisé dans la cryptomonnaie qui en a fait l'acquisition, a mangé la banane une semaine plus tard. La performance artistique ultime…
Réputé pour ses installations controversées mettant en scène des animaux morts, le provocateur Damien Hirst demeure très prisé et ses œuvres gagnent régulièrement en valeur.
En octobre dernier, une vente majeure des œuvres de l'artiste britannique chez Phillips à Londres a atteint le double de son estimation initiale et ainsi dépassé toutes les attentes.
Les grands collectionneurs d’art en quête de réputation entretiennent l'effervescence du marché du street art. Les œuvres de Banksy, le street-artiste anonyme le plus coté, suscitent par exemple une demande sans pareille.
Les peintures de Banksy valent bien plus que ses fresques murales. Son œuvre emblématique Girl with Balloon, qui a fait sensation en s’auto-déchirant partiellement juste après sa vente aux enchères en 2018, s’était par la suite revendue 25,4 millions de dollars (21,6 M€) en 2021 sous le nom Love is in the Bin, un véritable record pour l’artiste. En mars dernier, le bassiste du groupe Blink-182 Mark Hoppus, a mis en vente la réinterprétation subversive par Banksy de The Singing Butler de Jack Vettriano lors d'enchères londoniennes chez Sotheby’s, où la toile a trouvé preneur à 5,4 millions de dollars (4,6 M€).
Les vêtements vintage de Vivienne Westwood connaissent un véritable engouement auprès des collectionneurs et ont gagné en prestige depuis la disparition en 2022 de la grande dame de la mode britannique.
Citée dans le rapport Knight Frank, la présidente de Christie’s Anthea Pears a indiqué que le temps fort de l’année 2024 avait été la vente londonienne très réussie de pièces majeures de la défunte créatrice.
Les sacs à main vintage de créateurs ont connu une hausse modeste de 2,8 % sur l'année 2024, mais leur valeur a grimpé de 85,5 %, sur la dernière décennie. Le modèle Birkin d'Hermès s'inscrit comme l'objet de convoitise ultime chez les ultrariches et une référence dans l’univers des sacs de luxe.
Aujourd’hui, ce sont les modèles plus grands, en tailles 35 et 40, qui enregistrent la plus forte hausse, selon The RealReal, la plateforme de revente de produits de luxe, comme l’a récemment rapporté le magazine Vogue. Si les finitions les plus luxueuses atteignent les prix les plus élevés, un Birkin classique en cuir Togo noir demeure un investissement mode intemporel, difficile à surpasser (à condition de disposer d’environ 20 000 € bien sûr…).
Quant au Birkin le plus iconique (en photo), le tout premier exemplaire conçu par Hermès pour l’actrice britannique Jane Birkin, il vient d’établir un nouveau record d'enchères pour un sac à main, après son acquisition pour 10 millions de dollars (8,6 M€) par un collectionneur privé japonais.
Le luxe discret, celui qui murmure au lieu d'hurler, est devenu la norme chez une certaine frange des ultrariches. Prenez par exemple le sac minimaliste Margaux (en photo) de The Row, la marque ultra haut de gamme des sœurs Olsen.
La valeur de ce modèle élégant et épuré, considéré par le magazine Vogue comme une pièce d'héritage en devenir, a triplé depuis 2020 et atteint aujourd’hui les 4 350 $ (3 700 €).
Parmi les dix catégories d'objets de collection suivies par Knight Frank, les pièces de monnaie figurent parmi les plus résilientes, avec une appréciation de 47,5 % au cours des dix dernières années.
En novembre dernier, une pièce en argent de trois pences frappée à Boston en 1652 s’est vendue aux enchères plus de 2,5 millions de dollars (2,1 M€) chez Stack’s Bowers Galleries en Californie. Ce montant a écrasé de près de 2 millions de dollars (1,7 M€) le précédent record pour une pièce américaine datant d’avant la Révolution.
Les pièces d’or romaines atteignent elles aussi des sommes colossales lors de ventes aux enchères.
Une pièce romaine Imperatorial Brutus de 42 av. J.-C. s’est vendue via la maison suisse NGSA pour plus de 2 millions de dollars (1,7 M€) en décembre 2024. Il s’agit de la plus grosse vente cette année-là pour une pièce non américaine. La pièce romaine la plus chère jamais vendue est une version en or extrêmement rare du denier Ides de Mars, également frappée en 42 av. J.-C. Elle a atteint près de 4,2 millions de dollars (3,6 M€) en 2020, soit plus de 5 millions de dollars (4,3 M€) en 2025.
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