Aujourd’hui, rares sont les pays qui n’ont pas emprunté au nom de leurs contribuables. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la dette publique mondiale dépasserait désormais les 100 000 milliards de dollars (93 000 milliards d’euros), ce qui représente environ 93 % de la production économique mondiale. Ce chiffre devrait même avoisiner les 100 % du PIB mondial à l’horizon 2030.
La dette coûte de plus en plus cher à rembourser. Les taux d’intérêt, restés artificiellement bas pendant des années, remontent progressivement, et les États doivent verser davantage aux investisseurs pour continuer à emprunter. Ces paiements risquent à terme d’occuper une place croissante dans les budgets publics, parfois même plus importante que celle de ministères majeurs comme l’Éducation nationale.
Combien coûte le remboursement de leur dette à 25 pays du monde ? Découvrez-le dès à présent, de la nation qui paie le moins d’intérêts à la plus endettée.
Les chiffres cités proviennent du Debt Data Portal (DDP) 2024 et ont été rassemblés par l’association Debt Justice. La mention « dollars » indique toujours un montant en dollars US.
Adaptation française par Chloé Pellegrin
La Chine voue 1,6 % des recettes publiques au service de sa dette, estime le DDP. Les pays déclarent généralement leur niveau d’endettement rapporté à leur performance économique ou produit intérieur brut (PIB). Cependant, Debt Justice soutient qu’il est préférable de les rapporter aux recettes publiques, puisque ce chiffre tient compte des taux d'intérêt versés par chaque pays.
Dans le cas de la Chine, cette part semble faible. Mais les chiffres officiels jouent en faveur de Pékin, car une grande partie de la dette serait portée par des autorités locales ou des organismes publics semi-indépendants, ce qui la fait sortir des statistiques du gouvernement central.
Le FMI estime la dette publique brute de l’Australie à plus de 49 % de son PIB, un pourcentage inférieur au niveau affiché au plus fort de la pandémie de Covid-19, mais bien supérieur à celui d’avant la crise sanitaire. Le remboursement de cette dette – intérêts compris, ainsi qu’une partie du capital – représente désormais 3 % des recettes de l’État.
En d’autres termes, les chiffres mis en avant par le gouvernement australien montrent qu’en 2024, rien que les intérêts de la dette auraient couté au pays plus de 23,9 milliards de dollars australiens (13,9 milliards d’euros), soit déjà plus de la moitié du budget de la défense.
Le Brésil voue également 3 % de ses recettes publiques au remboursement de sa dette, mais ce taux plutôt honorable risque de ne pas durer. Selon la banque centrale brésilienne, la dette brute a atteint 1 600 milliards de dollars (1 500 Mds €) à la fin de l’année dernière, et elle aurait été encore plus élevée si le pays n’avait pas vendu un montant record de ses réserves de dollars.
Cette dette a augmenté durant les deux dernières années sous le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva (en photo), et il est probable qu’elle continue d’augmenter cette année. Par ailleurs, près de la moitié de cette dette dépend d’un taux d’intérêt que le Trésor est en train de relever pour contenir l’inflation. Cela signifie que les coûts de remboursement devraient encore augmenter.
Les coûts de la dette en Inde ont fortement augmenté, passant de 3,1 % des recettes publiques en 2023 à 4,3 % l’an dernier. Le gouvernement indien espère s’appuyer sur la forte croissance économique du pays pour réduire le poids de la dette rapporté au PIB dans les années à venir.
Mais dans le même temps, il veut aussi réduire le déficit budgétaire et baisser les impôts pour stimuler la consommation. Résultat : les ressources réellement disponibles pour rembourser la dette pourraient ne pas augmenter autant que le PIB.
À ce jour, le gouvernement central consacre plus de quatre fois plus d’argent au remboursement de la dette qu’aux retraites.
La Banque mondiale félicite le Pérou pour sa faible dette publique qui se traduit par des coûts de remboursement relativement stables, autour de 4,7 % des recettes publiques depuis la période précédant la crise sanitaire. Seule exception : l’année 2023, marquée par de graves événements climatiques et un recul de la confiance des entreprises.
La majeure partie de la dette du Pérou est soumise à des taux d’intérêt fixes, avec des emprunts remboursables en moyenne sur 12 ans, de sorte que le pays a été protégé de certains resserrements financiers ces dernières années. La croissance s’annonce modeste, et le gouvernement, peu enclin à taxer le très lucratif secteur minier, voit ses recettes fiscales rester parmi les plus faibles d’Amérique latine.
Malgré le marasme économique ambiant, l’Allemagne jouit d’une solide crédibilité financière. Les taux d’intérêt qu’elle verse sur sa dette servent de référence en zone euro : ils permettent de comparer le coût de la dette dans les autres pays. C’est sur cette base qu’on calcule les spreads, c’est-à-dire les écarts entre les taux allemands et ceux des autres États.
Bien que relativement modeste, la part des recettes publiques consacrée à la dette allemande a tout de même augmenté ces dernières années et représenterait aujourd’hui 5 %, selon les estimations de Debt Justice.
Les membres des deux principaux partis politiques allemands sont de plus en plus ouverts à la réforme de son « frein à la dette » qui limite actuellement la capacité d’emprunt du gouvernement. Tout relâchement risque cependant d’éroder la rigueur économique légendaire du pays. En 2024, sur les six premiers mois de l’année, le remboursement de la dette a coûté à l’Allemagne plus du double de ses dépenses pour les routes et les infrastructures ferroviaires.
La dette britannique a considérablement augmenté ces dernières années et s’élève désormais à plus de 2 800 milliards de livres sterling (soit environ 3 300 Mds €), ce qui correspond approximativement à la totalité de la production économique du pays. La Grande-Bretagne affiche également un déficit budgétaire, ce qui la place parmi les nations qui empruntent pour couvrir leurs dépenses courantes. Aucun changement stratégique imminent n’est envisagé, et les rendements obligataires continuent de grimper, les investisseurs exigeant des contreparties de plus en plus élevées en échange de leurs prêts.
Rien qu’en décembre 2024, les intérêts versés par la Grande-Bretagne sur ses emprunts d’État (appelés gilts) s’élevaient à 8,3 milliards de livres sterling (9,9 Mds €), soit près de 4 milliards de livres (4,7 Mds €) de plus qu’en décembre 2023. Pour l'ensemble de l’exercice financier écoulé, le gouvernement britannique a consacré 109 milliards de livres sterling (130 Mds €) au service de la dette, soit presque autant que les budgets du logement, de l’environnement et de la défense réunis.
À première vue, la dette turque ne semble pas particulièrement inquiétante. Selon Ankara, elle s’élevait à 281,5 milliards de dollars (260 Mds €) en 2024, tandis que le FMI l’estimait à environ un quart du PIB, un niveau légèrement supérieur.
Pourtant, la dette publique turque a augmenté de plus d’un tiers depuis 2023. Plus préoccupant encore : plus de la moitié de cette dette est libellée en devises étrangères, ce qui alourdit le fardeau à mesure que la livre turque perd de sa valeur — une tendance marquée ces dernières années. En conséquence, une part importante des recettes turques est consacrée au service de la dette souveraine et, selon l’organisation Debt Justice, elle atteignait 6,9 % des recettes du pays en 2024.
L’endettement des Philippines représente un peu plus de 7 % des recettes de l’État. Comparé aux niveaux observés par le passé, c’est plutôt rassurant : au début des années 2000, près de la moitié des recettes publiques du pays étaient consacrées au remboursement de la dette. Le gouvernement philippin assure donc qu’il ne rencontre aucune difficulté à honorer ses paiements.
Fin 2024, la dette publique des Philippines s’élevait pourtant à environ 280 milliards de dollars (258,6 Mds €), dépassant légèrement le seuil de 60 %, généralement considéré comme soutenable pour les pays en développement.
À l’instar de bien d’autres pays, les Philippines supportent aujourd’hui le poids d’une dette en grande partie constituée d’emprunts d’État à court terme émis pendant la pandémie de Covid-19. Ces titres arriveront bientôt à échéance et, en cas de refinancement, ils seront assortis de taux d’intérêt nettement plus élevés.
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Alors que la Maison Blanche a décidé de durcir les contrôles américains sur les exportations, l’économie mexicaine fait face à un avenir incertain, les États-Unis étant le principal partenaire commercial du pays. Dans le même temps, le gouvernement mexicain a massivement soutenu Pemex, la compagnie pétrolière publique, pour tenter de la sortir de l’endettement.
Cette stratégie a notamment conduit l’agence Moody’s à réviser à la baisse ses perspectives sur la dette mexicaine, désormais jugées « négatives » au lieu de « stables ».
Selon les comptes publics, la dette du Mexique s'élève à plus de la moitié de son PIB, soit quelque 900 milliards de dollars (831 Mds €). Cette année, le coût de son financement devrait représenter 7,6 % de l’ensemble de ses recettes, selon Debt Justice.
La dette publique de l’Italie a dépassé 3 000 milliards d'euros à la fin de l’année dernière, ce qui représente 136 % du PIB du pays. Au sein de la zone euro, seule la Grèce affiche un ratio de dette publique rapportée au PIB plus élevé. Certes, ce pourcentage a été plus élevé par le passé. Mais la croissance économique italienne, toujours morose, semble à nouveau tirer ce chiffre vers le haut.
Quant au coût du remboursement, il représente 7,8 % des recettes publiques, et selon Debt Justice, il serait en hausse continue depuis la fin de la pandémie de Covid-19. La Commission européenne, pour sa part, l’estime à 4 % du PIB — un niveau supérieur aux dépenses consacrées à l’éducation nationale.
Le Japon affiche le même taux de remboursement rapporté à ses recettes publiques, mais sa dette est bien plus élevée en valeur absolue. Le pays du Soleil-Levant enregistre une dette record de 8,7 milliards de dollars (8 Mds €), soit plus du double de son PIB.
Il s’agit du niveau d’endettement le plus élevé parmi les économies avancées. Cette charge budgétaire est largement imputable à l’augmentation des dépenses publiques en matière de défense et de protection sociale.
Selon les calculs de Debt Justice, les intérêts liés à cette dette faramineuse représentent près de 8 % des recettes publiques. Par ailleurs, l’organisation indique qu’ils devraient encore augmenter, d’autant plus que la banque centrale japonaise a commencé à relever ses taux d’intérêt.
Le service de la dette absorbera près d’un quart du budget prévisionnel du Japon en 2025, dépassant les dépenses cumulées pour l’éducation, les travaux publics et la défense.
Les intérêts de la dette néo-zélandaise ont fortement augmenté depuis la pandémie de Covid-19. Fin 2024, la dette publique brute du pays atteignait les 108,6 milliards de dollars (100,4 Mds €), soit un peu plus de 45 % du PIB néo-zélandais. C’est bien en dessous de la moyenne de l’OCDE, mais nettement plus que les 15 à 25 % considérés comme prudents avant la pandémie.
D’après Debt Justice, la Nouvelle-Zélande consacre 9 % de ses recettes au service de la dette, contre seulement 1,2 % en 2022. Cette hausse s’explique par la stagnation de l’économie et la hausse du coût des emprunts depuis la crise sanitaire. Pour vous donner un ordre d’idée, cela représente environ la moitié des dépenses de santé publique du pays.
Depuis la pandémie de Covid-19, la dette du Canada rapportée à la taille de son économie a reculé, même si elle représentait encore 106 % du PIB en 2024, selon le FMI. Cette charge, qui équivalait à 9,3 % des recettes publiques la même année, continue par ailleurs d’augmenter.
En 2023, le gouvernement fédéral a consacré 32,5 milliards de dollars (30 Mds €) au service de sa dette, soit environ une fois et demie le montant versé aux allocations familiales (21,8 milliards de dollars, ou 20,1 Mds €). Ce chiffre ne prend pas en compte les intérêts payés par les provinces et territoires canadiens sur leurs propres dettes.
La France est en difficulté. Le Premier ministre François Bayrou (en photo) a qualifié la dette publique d’« épée de Damoclès » pour le pays, et les chiffres semblent lui donner raison. Le gouvernement doit aujourd’hui environ 3 300 milliards d’euros à ses créanciers, soit 112 % du PIB — presque le double de la limite fixée par les règles de la zone euro. L’agence de notation Moody’s anticipe par ailleurs une poursuite de l’endettement au moins jusqu’en 2030.
Les dépenses élevées du pays en matière de retraites et de sécurité sociale constituent le principal point de tension. La France ne parvient pas à les financer uniquement grâce aux impôts et elle doit donc emprunter davantage chaque année.
Résultat : selon Debt Justice, le service de la dette représente 9,4 % des recettes publiques. D’après le site financier Commodity.com, qui s’appuie sur des données du gouvernement français, cela correspond à 62,2 milliards de dollars (57,5 Mds €) par an — soit près de 2 000 dollars (1 850 euros) par seconde.
La dette espagnole exprimée en pourcentage de la production du pays commence à baisser, grâce à une croissance économique soutenue que lui envient certains de ses voisins européens.
Elle représente tout de même plus de 104 % du PIB à la fin 2024, soit environ 1 820 milliards de dollars (1 680 Mds €). Selon les chiffres mis en avant par le DDP, le simple maintien de la dette à son niveau actuel représenterait un coût annuel équivalent à 9,5 % des recettes du pays.
Cette année, Madrid s’attend à ce que 60 milliards d’euros (65,2 Mds $) viennent s’ajouter à sa dette. Cela représente trois fois le montant de la nouvelle dette émise il y a six ans à peine.
La Colombie est le premier pays de cette liste à consacrer plus de 10 % de ses recettes au remboursement de ses dettes. En 2024, cette part atteignait 10,4 %, et selon Debt Justice, elle devrait encore augmenter de plus d’un point cette année. La dette totale du pays dépasse désormais les 232 milliards de dollars (214,3 Mds €).
Dépendante de ses exportations de charbon et de pétrole, la Colombie reste très exposée aux variations des prix des matières premières, ce qui pourrait sérieusement compromettre sa capacité à rembourser ses créanciers. Le dernier budget en date, adopté par décret, prévoit l’allocation d’environ 112 600 milliards de pesos (25,2 Mds €) au service de la dette — soit un tiers de plus que les sommes consacrées à l’investissement.
En 2024, le service de la dette représentait 12,2 % des recettes publiques en Afrique du Sud, ce qui en fait le poste qui connaît la plus forte hausse dans le budget du pays. D’après le FMI, la dette publique brute sud-africaine a connu une hausse marquée depuis les années 2000, atteignant 75 % du PIB du pays l’année dernière.
Pour mieux comprendre l’enjeu : en 2024, le service de la dette sud-africaine devait atteindre 20,6 milliards de dollars (19 Mds €), soit plus de la moitié des 40 milliards de dollars (37 Mds €) que le gouvernement espérait récolter grâce à l’impôt sur le revenu. Autrement dit, plus de la moitié de ce que les travailleurs auraient versé à l’État aurait été absorbée par la dette. Et selon les prévisions pour 2025-2026, cette charge devrait encore augmenter dans un avenir proche.
Les États-Unis, première économie mondiale, détiennent aussi la plus grande dette publique au monde. Le gouvernement fédéral doit actuellement à ses créanciers la somme colossale de 36 200 milliards de dollars (33 400 Mds €). Pour mieux saisir l’ampleur de ces chiffres, cela équivaut à 36,2 millions de millions de dollars, soit environ 123 % du PIB américain.
Le Congressional Budget Office affirme que les intérêts sur la dette ont coûté 881 milliards de dollars (814,1 Mds €) l’année dernière au contribuable, un budget proche de celui de la défense pour la superpuissance mondiale. Debt Justice estime que cela représente 12,5 % des recettes publiques. Et la tendance devrait se poursuivre, Washington restant fortement dépendante de l’emprunt.
En 2001, l’Argentine s’est retrouvée en défaut de paiement sur environ 102 milliards de dollars (94,2 Mds €) — le plus important de l’histoire moderne. Suite à cela, le pays a été largement écarté des marchés financiers. Sous la présidence du libertarien Javier Milei (en photo), le gouvernement cherche désormais à regagner la confiance des investisseurs, en promettant un budget équilibré et en affirmant que le remboursement de la dette doit primer sur toutes les autres dépenses de l’État.
Selon Debt Justice, ces remboursements ont absorbé 18,9 % des recettes publiques du pays en 2024, mais ce chiffre devrait chuter à 5,3 % cette année avec l’entrée en vigueur de réformes radicales qui pèsent lourdement sur la population du pays. Les remboursements devraient cependant encore dépasser les 17 milliards de dollars (15,7 Mds €). À titre de comparaison, l’Argentine n’a voué qu’un peu plus de 2 milliards de dollars (1,8 Mds €) à la défense en 2024. Le coût de sa dette serait donc plus de huit fois supérieur à ce poste de dépense.
L’économie panaméenne devrait enregistrer une croissance soutenue cette année, mais elle se heurte à de sérieux vents contraires liés au poids croissant de sa dette. Ce facteur a d’ailleurs contribué à la décision de l’agence Fitch, l’an dernier, de rétrograder la note de crédit du pays au niveau spéculatif — couramment appelé junk. Depuis, les incertitudes autour de l’avenir du canal de Panama, principale source de revenus extérieurs du pays, n’ont fait qu’aggraver la situation.
L’évasion fiscale, particulièrement élevée au Panama, alourdit encore le poids du service de la dette, estimée à quelque 50 milliards de dollars (46,2 Mds €). En 2024, ce fardeau aurait absorbé près d’un quart des recettes publiques du pays, selon Debt Justice.
Le Soudan est en proie à de graves difficultés. Le conflit en cours qui oppose les forces armées du pays aux groupes rebelles a entraîné le déplacement de 12 millions de personnes alors que deux tiers de la population du pays ont besoin d’aide humanitaire. Il n’est donc guère surprenant que l’économie soudanaise soit en mauvaise posture. Pour le FMI, la dette du Soudan s’élève à 344,4 % de son PIB en 2024, un record mondial sans précédent.
Selon Debt Justice, près de 42 % des recettes publiques sont aujourd’hui consacrées au remboursement de la dette dans un pays plongé dans une crise durable. Ce poids de la dette pèse lourdement sur la capacité de l’État soudanais à financer les services de base comme la santé, l’éducation ou encore la protection sociale.
L’Égypte voit aussi le poids de sa dette s’alourdir : près de 43 % des recettes publiques sont désormais consacrées au remboursement de la dette, contre moins de 5 % en 2015. Même si l’économie égyptienne commence à se redresser après une crise monétaire et des déséquilibres extérieurs, le FMI estime que la dette publique brute du pays restera élevée, proche de 85 % du PIB cette année.
L’endettement limite fortement les perspectives de développement et de prospérité de l’Égypte. Selon les chiffres du ministère des Finances relayés par le cabinet de conseil FrontierView, le service de la dette devrait atteindre les 36,3 milliards de dollars (33,5 Mds €) pour l’exercice en cours — soit quatre fois plus que les dépenses consacrées à l’investissement.
Le service de la dette est le plus gros poste de dépense du Pakistan. À lui seul, il a coûté au pays 18,42 milliards de dollars (17 Mds €) au dernier semestre de 2024. En deuxième position vient le budget militaire, avec un montant relativement modeste de 3,2 milliards de dollars (2,9 Mds €) pour la même période. Autrement dit, Islamabad a consacré plus de cinq fois plus d’argent au remboursement de la dette qu’à la défense. Les budgets alloués aux services essentiels étaient, eux, encore plus limités.
Debt Justice estime que le service de la dette absorbe désormais 43,4 % des recettes du Pakistan, soit presque quatre fois plus qu’avant la pandémie. Pour l’organisation, le pays est clairement en situation de crise.
Avec près des deux tiers de ses recettes publiques consacrées au service de la dette, l’Angola — deuxième exportateur de pétrole brut du continent africain — arrive en tête des pays les plus vulnérables recensés par Debt Justice. L’organisation anticipe un alourdissement de la dette cette année, alors que la Chine, principal client de l’Angola, réduit ses achats de pétrole.
La Banque mondiale estime que la dette publique du pays dépasse les 57 milliards de dollars (52,7 Mds €). La Chine, le FMI et la Banque mondiale elle-même figurent parmi les principaux créanciers de l’Angola.
Les prêteurs chinois avaient accordé à l’Angola un moratoire de trois ans sur le remboursement de sa dette, mais celui-ci a pris fin en 2023, alors même que les revenus pétroliers de l’Angola commençaient à baisser. Désormais, la dette absorbe la plus grande part du budget public du pays, qui fait face à une crise profonde.
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